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04.08.2007

Chili

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HISTOIRE DU CHILI

 

LA CONQUÊTE ESPAGNOLE

 

Le 1er Européen à mettre le pied au Chili fut Magellan en débarquant sur l’île Chiloé en 1520.

Les tribus du Nord du Chili étaient depuis le XVème siècle sous la coupe des Incas du Pérou ; la zone Sud du fleuve Rapel était habitée par les Mapuches, tribu guerrière.

Après une 1ère expédition des Espagnols en territoire chilien qui s’avéra vaine et difficile (pas d’or et résistance des Mapuches), Charles Quint en envoya une seconde dans le sud en 1540.

Plusieurs colonies furent ainsi installées, notamment celle de Santiago (1541) puis Concepcion (1550) et Valdivia (1552).

Les Mapuches furent la seule tribu indienne à s’opposer farouchement aux Espagnols.

En 1557, l’Espagne s’empara complètement du territoire chilien par l’intermédiaire d’un gouverneur. Le Chili dépendit d’abord de la vice-royauté du Pérou puis eut son propre gouvernement dirigé par un gouverneur et un Tribunal royal.

 

L’INDEPENDANCE

 

Au XVIIIème siècle, on assiste à une cassure entre royalistes et patriotes, ces derniers luttant pour l’indépendance du Chili. Ils gagnent une bataille en 1810, destituant ainsi le gouverneur colonial du Chili et créant pour le remplacer une assemblée composée de 7 personnes.

De 1814 à 1817, le Chili resta en guérilla contre les Espagnols.

Le 4 juillet 1811, Bernardo O’Higgins est mis à la tête d’une junte révolutionnaire élue par le premier Congrès.

Après une défaite à Rancagua en 1814, l’Argentin José de San Martin permet au Chili, grâce à son armée des Andes, d’atteindre la victoire à la bataille de Chacabuco le 12 février 1817 : les Espagnols sont alors évincés du Nord du Chili.

O’Higgins est alors directeur suprême et , le 12 février 1818, le Chili proclame son indépendance.

En 1823, alors dictateur, O’Higgins, face à l’hostilité populaire, se fait remplacer par une république avec une constitution libérale à l’instigation de Ramon Freire.

En 1831, le Général Joaquin Prieto devint Président après avoir fomenté une révolte ; il fait adopter en 1833 une nouvelle constitution donnant ainsi beaucoup plus de pouvoirs à l’exécutif.

Durant la présidence du gouvernement Conservateur, il y eut des conflits larvés avec les pays aux frontières. Ainsi, le Chili augmenta considérablement son territoire en partageant la moitié de la Terre de Feu avec l’Argentine, et, suite à la guerre du Pacifique en 1883 l’opposant à une alliance Pérou-Bolivie, en annexant la province bolivienne d’Antofagasta.

 

LA POLITIQUE ET L’OPPOSITION

 

En 1891, une alliance entre opposition et clergé catholique déclencha une guerre civile au Chili, alors sous la Présidence de José Manuel Balmaceda, chef du Parti libéral.

Cette insurrection fit plus de 10 000 victimes et provoqua de nombreux dégâts matériels.

Balmaceda se suicida en septembre et le régime s’orienta vers un système parlementaire accordant plus de pouvoir au Congrès.

Puis Montt devint Président et il y eut alors une longue période de paix et de reconstruction.

Malheureusement, en 1906, un tremblement de terre ravagea la ville de Valparaiso ainsi que des quartiers de Santiago avec plus de 3000 morts et 100 000 sans-abris.

En 1920, le libéral Arturo Alessandri Palma devient Président. S’en suivit alors de nombreux coups d’états et s’alternèrent jusqu’en 1938 dictatures et pouvoir aux mains d’Alessandri.

En 1938, le Front populaire, nouveau parti fondé en 1936, remporte les élections et Pedro Aguirre Cerda est alors à la tête du pays. Il amorce un ambitieux programme annihilé par un tremblement de terre dévastateur en 1939 qui tua plus de 30 000 personnes.

Après l’élection présidentielle de 1946 remportée par Gabriel Gonzalez Videla du Parti radical, on assiste à une première dans l’histoire du pays : 3 communistes sont nommés dans son cabinet. Mais ils quittèrent le pouvoir en 1947 et le Chili rompit ses relations avec l’URSS.

En 1948, des centaines de communistes furent arrêtés en vertu de la loi pour la Défense de la Démocratie interdisant le parti communiste. L’année 1951 fut marquée par de nombreuses grèves dans presque tous les secteurs de l’économie.

En 1958, Jorge Alessandri Rodriguez est élu Président, il est à la tête d’une coalition libéraux-conservateurs.

En 1964, c’est le démocrate-chrétien Eduardo Frei Montalva qui est élu. Il entreprend de grandes réformes (agraires et nationalisation partielle des mines de cuivre) qui suscitent des remous dans tous les partis d’opposition.

 

SALVADOR ALLENDE GOSSENS

 

Pour l’élection présidentielle de 1970, l’opposition de gauche s’unit et désigne Salvador Allende comme candidat de l’Unité populaire avec le soutien du célèbre écrivain Pablo Neruda.

Le programme promet une nationalisation totale de toutes les industries de base, des banques et des communications.

Avec 37% des vois, Allende devient le premier Président du Chili élu sur un programme socialiste dans un pays non communiste.

Allende mit vite ses promesses en application transformant le pays en Etat socialiste. Une partie importante de l’économie passa sous contrôle de l’Etat, la réforme agraire s’accéléra et des conseils de paysans furent institués. De plus, Allende entreprit de redistribuer le revenu national, augmenta les salaires et imposa un contrôle des prix.

Mais l’opposition ne reste pas inactive et en 1973, alors que les conditions se détériorent (inflation galopante, pénurie alimentaire, grèves et violences politiques mais aussi blocus financier des USA) les militaires, après un coup d’état étouffé, prennent le pouvoir le 11 septembre.

Après un siège du Palais présidentiel, Allende se donne la mort après avoir réussi à diffuser un dernier discours pour son pays.

 

LA DICTATURE

 

C’est le Général Augusto Pinochet Ugarte qui prend le pouvoir et adopte en juillet 1974 le titre de « Chef suprême de la Nation ».Il suspend la Constitution, dissout le Parlement, impose la censure et interdit tous les partis. C’est le début d’une longue et douloureuse dictature.

Il lance une campagne de terreur contre la gauche : arrestations, exécutions, torture, exil…

Jusqu’en Décembre 1989, Pinochet bafouera les Droits de l’Homme en toute impunité.

A cette date, les premières élections organisées depuis 19 ans ont lieu et donnent le pouvoir à Patricio Aylwin, démocrate-chrétien.

Il nomme en 1990 une commission d’enquête « pour la vérité et la réconciliation » sur la violation des Droits de l’Homme sous Pinochet alors qu’il est encore à la tête de l’armée de terre.

 

A lire : « Mains sur la nuque » de Angel Parra, Ed. Métailié

 

RETOUR VERS LA DEMOCRATIE

 

Patricio Aylwin fait des réformes économiques qui visent à maintenir un taux de croissance élevée et à instaurer une intégration sociale. Le pays s’ouvre sur l’extérieur et en particulier vers les USA.

En 1993, Eduardo Frei Ruiz-Tagle démocrate-chrétien devient Président. Il doit faire face à une accentuation de la pauvreté et à une augmentation de la violence et de l’insécurité dans les villes.

Le 25 juin 1996, le Chili devient membre du MERCOSUR.

Une grave crise interne est déclenchée par l’arrestation du Général Pinochet par les Britanniques le 16 octobre 1998. Le juge espagnol Baltasar Garzon veut son extradition afin de le juger pour « génocide », « tortures » et « disparitions ». 17 mois plus tard, le ministre britannique Jack Straw rejette la demande d’extradition vers l’Espagne.

Le 16 janvier 2000, Ricardo Lagos est élu avec 51,3% des voix. C’est le premier Président socialiste depuis Salvador Allende.

Pour lui, les Droits de l’Homme sont une priorité et il se pose en faveur du jugement de Pinochet à son retour au Chili.

 

En 2006, les élections présidentielles confortent les socialistes et pour la première fois dans l’histoire de l’Amérique du Sud, une femme est présidente.

Le 11 mars 2006, Michelle Bachelet, ancienne ministre de la santé et de la défense de Lagos, prend ses fonctions et compose un gouvernement de 10 hommes et 10 femmes.

 

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